Praesens_cover_2

Michel Rochat

Nouveauté ::: Praesens

En 1978, dans un appartement de Brooklyn, les jours trop ennuyeux, les nuits lourdes d’angoisses mais prometteuses de captivantes possibilités, je ne savais que faire. Le boulot m’assurant le pécule me prenait peu de temps sur la semaine et les choses à voir étaient depuis longtemps consommées. Avec d’abord quelques essais d’encre écrasée, je me suis mis au dessin en faisant des fleures de toutes les couleurs. Puis, ce fut des petits personnages sortis des taches. Bien des idées vinrent trouver réalité, mais la sacrée machine Divine, l’ensorceleuse métaphysique de l’alchimie transmutationnelle prit très vite place en moi. Toutes mes gentilles petites réalisations s’arrêtèrent. Je me mis à remplir mon temps de dessin au trait feutre sur papier blanc. Sans repos me venait une lecture graphique des choses de la vie. Ces dessins se faisaient sans hésitation, comme possédé par une passion, comme guidé par autre que moi. Sans aucune difficulté, je fis chaque jour un dessin. Ce devint un exercice quotidien qui me vidait doucement l’esprit du trop plein d’inutile. Je retrouvais en moi un espace libre ; j’aimais maintenant cet espace d’air frais que je sentais circuler entre mes pensées. La Deus Machina pouvait tourner seule, ce qu’elle faisait depuis toujours d’ailleurs, elle n’avait en rien besoin de ma compréhension. L’exercice dura plus de 6 mois, il sortit de mon esprit une belle petite collection de symboles et graphiques des plus étranges. En les regardant, je m’étonne encore de les lire, d’abord superficiellement, puis de plus en plus profondément telle une symbolique claire. Une part d’universel prit réalité à travers moi. Un trait noir venait se poser sur les plages de papier blanc, comme un pont entre deux mondes, une communion entre deux rives.

On peut aller voir les choses de l’Est, les peuples jaunes des origines, le passé, toute l’histoire, trace de l’humanité, il y a là ennemi de s’y faire trapper l’esprit, ne plus pouvoir revenir au présent. L’on peut aller voir les choses du Sud, les races noires, les forces de la terre, de la nature, de la vie. Il y a là en ces contrées un ennemi que personne ne peut vaincre, la mort, d’où jamais l’on ne revient.
On peut aller voir au Nord, les races claires et les esprits lumineux, les froides sciences et la clairvoyance ; mais attention l’ennemi en est l’éblouissement qui rend aveugle à toute réalité. L’on peut aller ver l’Ouest, le pays des rêves, les peuples rouges en sont les maîtres, c’est en les rêves que naissent toute réalité. L’ennemi ici est l’esprit troublé, prisonnier de ces rêves, incapable de ne rien réaliser.

Comme une croix dessinée au sol, il nous faut rester au centre, au cœur de nous-mêmes. Démarquant en quatre points cardinaux toute l’histoire de la conscience humaine. Il est possible de sortir de son centre pour aller voir plus en profondeur ce que d’autres voient, hors du temps, dans le passé, dans le rêve futur, près des choses du corps dans les rythmes de la vie ou vers l’esprit froid du nord et ses sciences éblouissantes. Le centre de soi : le cœur d’où tout vient et où tout revient, sa maison. Je fis de cela quelques dessins et peintures sur papier nature. Instruis par d’anciennes cultures en voie de renoncement, je rajoutais une pierre à mon moi. J’appris le centre et m’assis sur mon cul. La croix au sol fut vite élevée au ciel. Comme dressée, en toute évidence, elle devient le centre du présent, la révélation nouvelle qui donnait sens à toutes les autres. Le monde avait suivi ce redressement, avec méfiance et peur, il en déduit différentes raisons. L’horizontalité devenait gauche et droite avec au centre, le centre. Était oubliée cette gênante verticalité, qui se perd en l’indéfinissable. J’en garde pour ma part l’image du Christ Jésus et de sa terrifiante passion. À sa droite et à sa gauche, deux voleurs, au centre un cœur flamboyant couronné d’épines. En les derniers moments, au dernier souffle, au plus haut de sa conscience, un regard vers l’infini de Dieu, laissant à ses pieds les abysses d’une mort vaincue.

Ne refusez pas la ressemblance.

Livre d'Art

Tirage exclusif,
limité à  33 ex.
-
L'ouvrage est composé
de 36 dessins recto-verso
noir et blanc.
-
L'entier de l'ouvrage est imprimé en typographie à la main sur presse taille-douce. Présenté en feuilles libres, les dessins se répondent les uns les autres par transparence et tissent le fil de l'histoire.
-
Imprimés sur papier
RIVES BFK 240 gr blanc nature.
(papier ancien).
-
Tous numérotés et signés
par l'auteur.
-

Prix à définir


Commander
Share on Facebook0Tweet about this on Twitter